mardi 28 octobre 2008

Les vendanges en Touraine sauvées in extremis

Enfin une bonne nouvelle, en ce mois d'octobre plutôt sombre. Nos vignerons ont retrouvé le sourire. La vendange 2008, assez tardive, s'est achevée sous le soleil, les quatre dernières semaines très favorables ont donc permis de sauver l'essentiel. Le millésime offrira d'excellentes surprises.
Le climat a joué avec les nerfs des vignerons. Mais grâce à l'été indien, les plus patients ont été récompensés, il y aura de belles cuvées sur les 2008. Vendange à la main ou à la machine, les conditions météorologiques ont permis d’inverser la tendance dans les vignes fin septembre, début octobre.
C'est une tendance partagée par toutes les appellations du département. Dans les rouges de bourgueil ou chinon comme sur les blancs montlouisien et vouvrillon, on a fini par récolter des raisins bien mûrs, l'acidité s'est estompée en octobre. Sur les domaines qui auront su attendre, la matière première engrangée autorise donc de gros espoirs.
Seule difficulté de l'exercice, le compte n'y est pas. A l'ouest du département en particulier. A Bourgueil et à Chinon, on a souvent récolté de 35 à 40 hl, soit un déficit de plus d'un tiers, les volumes étant en retrait de près de 50 % dans certains domaines. En appellation « Touraine », le score atteindrait 45 hl. Du jamais vu depuis plus de quinze ans.
Le gel du début avril avait fait des dégâts. Mais la suite ne devait guère être rassurante avec un orage terrible sur Vouvray et Saint-Patrice fin mai. Un épisode propice au développement des maladies puis l'été froid et sans soleil laissaient entrevoir le pire à la veille des vendanges.
« Tout a changé quand le vent a tourné à l'est le 12 septembre. On a alors connu un mois très sec et ensoleillé, à partir de là le botrytis n'a pas réussi à se développer », explique le technicien Philippe Gabillot. « Dans les rouges, dit-il, il y aura au final de très belles cuvées, avec des vins élégants dans la mesure où l'élevage est bien maîtrisé. Des écarts de qualité, il y en aura entre ceux qui ont attendu pour récolter et ceux qui se sont précipités. »
Au bureau Touraine d'Interloire, Jean-Pierre Gouvazé parle également d'un millésime tenant du miracle. « Une fois de plus, on peut dire que septembre a fait le vin. Ce millésime devrait s'exprimer par des vins de type très ligérien. » Mais les productions pourraient révéler très vite des tensions en vins mousseux, en blancs et rosés où les stocks sont faibles d'une année sur l'autre. Les Tourangeaux pourront se consoler : en muscadet, il n'y a eu qu'une demi-récolte.
Daniel Cholet
(Source La Nouvelle République)

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